Deux nominés pour le Prix Horizon 2026
Adepte du Prix Horizon depuis plusieurs années, j’ai l’intention de vous présenter, dans le fil de mes chroniques, les cinq romans en lice de ce concours.
Prix Horizon ?
Comme déjà mentionné dans des chroniques antérieures, en 2020 (chronique 1) en 2022 (chronique 1, chronique 2, chronique 3, chronique 4, chronique 5) et en 2024 (chronique 1 et chronique 2), le Prix Horizon récompense tous les deux ans un(e) auteur(e) d’un second roman de langue française publié à compte d’éditeur.
Les votes et la remise du prix se déroulent en mai, à Marche-en-Famenne (Belgique), sous la présidence de l’auteur belge Armel Job.
« Mère absolument » de Ketty Rouf
Romancière d’origine italienne, Ketty Rouf s’est vue attribuer le prix du premier roman en 2020 pour « On ne touche pas » paru aux éditions Albin Michel.
Auprès de la même maison, elle publie en 2024 le roman « Mère absolument » qui explore la thématique du désir de maternité lorsque sonne la quarantaine, de même que celle du pouvoir maternel exclusif et manipulateur, aux dépens des droits du père.
Le roman se découpe en trois volets donnant voix aux trois protagonistes principaux. C’est d’abord le récit de la mère qui, à l’heure où les chances de procréer diminuent, décide de « faire un bébé toute seule » et se sert d’un géniteur idéal, thanatopracteur timide rencontré au moment du décès de sa mère.
Vingt ans plus tard, sa fille se pose des questions sur le père qu’elle n’a pas connu et que sa mère a toujours refusé de lui présenter, sous prétexte d’attitudes brutales et ignobles de sa part.
Enfin, le troisième volet donne voix au père géniteur délaissé ainsi qu’à ses démarches désespérées pour participer à l’éducation et à la vie de sa fille.
Grâce à ces trois perspectives, le roman décortique avec brio les effets d’une violence lourde de conséquences, émanant d’un abus de pouvoir généralement accepté par la société, celui d’une mère folle d’amour envers sa fille.
« Le lotissement » de Claire Vesin
Cardiologue et romancière française, Claire Vesin publie un premier roman « Blanches » en 2024, lauréat de plusieurs prix littéraires et dans lequel elle dépeint les difficultés quotidiennes d’un hôpital public.
En 2025, son second roman « Le lotissement », publié aux éditions La Manufacture de livres, brosse le tableau du climat social d’une banlieue pavillonnaire parisienne dans les années 80. L’auteure y décrit les amitiés de voisinage, les commérages, les infidélités et le choix de boucs émissaires, parmi lesquels cette nouvelle institutrice, Suzanne, dont la couleur de peau et les origines en font une cible idéale.
Le récit saisit avec finesse la psychologie des protagonistes dans leurs rapports avec la société et parvient à faire grandir une tension qui capte le lecteur jusqu’à la dernière page.






2 commentaires
natlarouge
J ai beaucoup aimé « le lotissement «
Lire pour guerir
Je comprends très bien, c’est une belle découverte.