Un été indien
À l’origine, cette longue nouvelle (50 pages) de l’auteur américain Truman Capote s’intitule « I Remember Grandpa », mais son titre français évoque la période de l’année durant laquelle nous vivons actuellement, l’été indien.
Je ne résiste pas à l’envie de vous présenter ce petit condensé d’émotion et de nostalgie qui nous rappelle le temps passé et les êtres chers aujourd’hui disparus.
Truman Capote
Ecrivain américain (1924-1984), Truman Capote n’a pas connu une enfance vraiment heureuse. Ses parents biologiques se disputaient violemment et il s’est toujours senti abandonné par eux. Il laissera une œuvre importante dans la littérature américaine du XXe siècle, dont le roman non fictionnel publié en 1966 « De sang-froid » qui figure parmi les 100 meilleurs livres écrits en anglais, selon le journal d’information britannique The Guardian.
Un été indien
Court roman ou longue nouvelle ? Qu’importe, selon Michèle Gazier,
Il y a tout le bonheur d’un récit qui vous brouille le regard de larmes et le cœur d’émotion. Un grand, un très grand petit livre.
Michèle Gazier, Télérama
La nouvelle « Un été indien » a été écrite par Truman Capote dans sa jeunesse, mais elle fut publiée après sa mort.
Dans ce récit, l’écrivain adopte la perspective du jeune garçon Bobby pour raconter, à la première personne, l’histoire douloureuse du déménagement d’une famille américaine rurale.
Père, mère et fils quittent en effet la vieille ferme familiale en abandonnant les grands-parents pour partir à la ville afin d’assurer l’éducation de Bobby. L’enfant vit très mal la séparation avec ses grands-parents, en particulier avec son grand-père adoré, qui, avant le départ, promet de lui confier un secret.
Le pari sur l’avenir se fait aux dépens de l’héritage passé et cet épisode d’abandon marque ici profondément l’enfance du petit Bobby.
Ce récit doux-amer imprégné de nostalgie renvoie au sentiment d’abandon que l’écrivain a connu lui-même dans son enfance. L’écriture de Truman Capote, qui adopte un ton plein de justesse et d’ellipses, ne laissera personne indifférent.
Qui plus est, la lecture de cette nouvelle durant l’été indien renforcera cette impression de fin d’époque, qui marque pourtant également le début d’une autre…




