Lecture évasion
Apologie de la lecture

S’évader en lisant « La Bibliothécaire d’Auschwitz »

Durant cette période de confinement, la lecture constitue un remède puissant pour s’évader vers d’autres contrées. Je vous propose un roman qui fait l’éloge de l’évasion grâce aux livres. Toutefois, il s’agit ici de s’évader d’un tout autre genre de confinement, celui des camps de concentration durant la seconde guerre mondiale.

« La Bibliothécaire d’Auschwitz »
d’Antonio G. Iturbe

Lire pour guérir et s'évader Quatrième de couverture du roman "La bibliothécaire d'Auschwitz" de Iturbe paru chez Flammarion

Inspirée de faits hélas réels, cette histoire bouleversante nous plonge dans l’enfer des camps de concentration nazis. Dans cet univers de misère, les victimes se raccrochent aux étincelles d’humanité qui subsistent. Parmi celles-ci, une poignée de livres qu’un groupe de jeunes résistants parvient à cacher et sur lesquels Dita, jeune adolescente, est chargée de veiller au péril de sa vie.

Dans cet endroit obscur où l’humanité avait atteint sa propre noirceur, la présence de livres était un vestige d’époques moins lugubres, plus douces, où les mots avaient plus de force que les mitraillettes.

« La bibliothécaire d’Auschwitz », page 44

Les bienfaits de la lecture

Dans ce roman, les moments de lecture ont leur importance entraînant également le lecteur dans quelques digressions littéraires bienvenues.

Lire redonne espoir et courage

Elle était montée dans le train de la lecture. Elle avait ressenti cette nuit-là l’émotion d’une découverte : celle de savoir que toutes les barrières que pouvaient poser tous les Reichs de la planète n’avaient pas d’importance, car il lui suffisait d’ouvrir un livre pour sauter par-dessus.

« La bibliothécaire d’Auschwitz », page 114

En lisant, on vit plusieurs fois

Le cauchemar vécu par les protagonistes dans ces camps de la mort est indescriptible. Mais le souvenir des récits véhiculés par la littérature redonne de l’espoir à la jeune Dita. Elle se remémore par exemple la lecture du roman « La Citadelle » de A.J. Cronin, où elle puise le courage nécessaire pour affronter les événements.

Dita sourit à présent en repensant à ces pages. A partir de là, elle a su que sa vie serait plus riche car les livres multiplient votre existence et vous permettent de rencontrer des gens comme Andrew Manson et, surtout, comme Christine, une femme qui […] n’a pas cédé devant ce qu’elle croyait injuste. Depuis, Dita a voulu devenir Madame Manson. Elle ne se laisserait pas abattre par la guerre…

« La bibliothécaire d’Auschwitz », page 115

La lecture permet de parcourir le monde

Parmi les 8 huit livres sauvés et cachés dans le baraquement se trouve celui de H.G. Wells traduit « Abrégé de l’histoire du monde » . Dita se plonge dans sa lecture.

H.G. Wells Abrégé de l'histoire du monde - évocation de la lecture pour s'évader

Elle préfère donc revenir aux pages de l’Egypte ancienne, qui la transportent dans un monde de pharaons aux noms mystérieux et lui permettent de monter à bord de leurs barques naviguant sur le Nil. En fin de compte, H.G. Wells avait raison et sa machine à explorer le temps existe bel et bien : ce sont les livres.

« La bibliothécaire d’Auschwitz »

Bibliothèque = pharmacie

Grâce à la petite bibliothèque à laquelle Dita accorde un soin particulier, les enfants en détention peuvent, eux aussi, ouvrir leur esprit à un ailleurs :

La bibliothèque est maintenant son armoire à pharmacie, et elle va donner aux enfants un peu de ce sirop qui lui a permis de retrouver le sourire quand elle croyait l’avoir perdu pour toujours.

« La bibliothécaire d’Auschwitz », p 301

Les livres permettent donc de sauter les barrières, de multiplier votre existence, d’explorer le temps et de soigner votre esprit.

Vertus de ce roman

S’agissant d’un roman historique, « La Bibliothécaire d’Auschwitz »

Lecture évasion - Roman histoire "La Bibliothécaire d'Auschwitz"

véhicule tout d’abord un devoir de mémoire et d’hommage aux victimes de l’holocauste. Les dernières pages du livre décrivent quelques récentes rencontres entre l’auteur, Antonio G. Iturbe et la protagoniste, Dita Kraus, qui a inspiré son récit. De même, elles relatent le destin de certains personnages réels et souvent connus qui figurent également dans le récit.

Par ailleurs, ce roman fait l’apologie du pouvoir de la lecture. Celle-ci vient en aide dans des circonstances extrêmes pour redonner espoir et courage et guider le mental, terriblement mis à l’épreuve, vers un ailleurs bienfaisant.

Il est vrai aussi que ce roman poignant marque les esprits nous faisant (re)prendre conscience des horreurs dont l’humanité est capable. Bien construit et bien écrit, le récit nous plonge au cœur du terrible quotidien des camps de concentration au travers des yeux d’une jeune adolescente, la « bibliothécaire ».

Mais l’histoire nous parle aussi d’espoir et de bienveillance dans cet univers concentrationnaire de souffrances physiques et mentales.

Et la lecture fait partie de ces instruments d’espoir. Car les livres nous relient à cette essence d’humanité transmise par l’écriture au-delà des frontières du temps et de l’espace.

Apologie de la lecture en période difficile

De nombreux romans parlent des bienfaits de la lecture et en font même le fil rouge de leur récit.

Je vous renvoie par exemple à cet autre roman « La Voleuse de livres » de Markus Zusak qui souligne le pouvoir des mots, encore une fois durant la seconde guerre mondiale. Vous pouvez lire ma chronique à ce sujet ICI

Lecture évasion
La Voleuse de livres de Markus Zusak

Vous en connaissez certainement d’autres ?

En ces temps de confinement, il nous est peu ou pas possible de nous évader « physiquement ». Alors, pourquoi ne pas opter pour la lecture de romans qui nous emporteraient dans d’autres lieux et à d’autres époques et nous permettraient de rencontrer de nombreuses personnes…

Bonnes lectures !!!

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