Combat pour la vie
Coup de cœur renouvelé pour le deuxième roman de Ornella Nomber « Neuf ans et neuf mois » qui relate le parcours semé d’embûches d’un couple pour devenir parents et dont l’issue se joue dans un contexte géopolitique hostile.
Maternités complexes
Rappelez-vous ! L’année 2025 sur le blog www.lire-pour-guerir.com a débuté avec une interview de l’auteure, Ornella Nomber, lors de la parution de son premier roman, « Le prix des bonnes intentions ».
Ornella Nomber nous confiait avoir grandi en France et s’être installée en Israël à l’âge de 22 ans. Héritière de deux cultures, elle ressent et souhaite partager la complexité inhérente à certaines situations et aux comportements qui en découlent, et tout particulièrement les multiples facettes ayant trait à la maternité, une thématique traitée dans ses deux romans.
C’est dans un même esprit d’ouverture et de tolérance que l’année 2026 commence avec cette chronique du second roman de l’auteure franco-israëlienne, dont le récit suscite la réflexion et encourage l’empathie.
Neuf ans et neuf mois
Synopsis
Le rêve de maternité de Laurène se brise face à un diagnostic médical sans appel. Refusant la fatalité, elle et son mari Idan se lancent dans un ultime combat : le recours à une mère porteuse en Israël, l’un des pays pionnier qui réglemente la gestation pour autrui. Leur quête les mène à Sderot, aux portes de Gaza, là où Idan pensait avoir abandonné ses vieux démons. Entre la menace des missiles et l’espoir fragile d’une naissance, peut-on vraiment donner la vie au cœur du chaos ?
Faire porter son embryon par une autre femme. Dans un pays aussi instable. C’était de la folie.
Extrait de « Neuf ans, neuf mois » d’Ornella Nomber
Avant et après « la décision »
Les chapitres sautent d’une époque à l’autre autour du point de « décision ». C’est ainsi que de façon très subtile, l’auteure nous dévoile les tribulations, les espoirs et les désillusions qui ont précédé et suivi le moment où les protagonistes ont décidé d’avoir recours à une mère porteuse. Si les aléas de leur existence ont abouti à cette décision, ils les amènent aussi à en subir les conséquences. Il s’agit d’une sorte de résilience face au destin et à leur choix en dépit du terrible contexte politique en Israël.
Ce saut d’une époque à l’autre dans l’existence des futurs parents permet également de connaître la mère porteuse Ruth et sa famille ainsi que les raisons qui l’ont poussée à « prêter » son utérus pour le bonheur d’autrui.
Par ailleurs, divers aspects de la religion juive s’inscrivent dans le cadre du récit et nous en apprennent davantage sur cette culture parfois méconnue.
Complexité bienfaisante
Ornella Nomber a la don d’analyser et de présenter toutes les facettes d’une même situation, sans porter de jugement. Cet éclairage teinté à la fois de connaissances et d’émotions permet au lecteur d’appréhender la réalité dans sa globalité.
En outre, le contexte historique et géopolitique en Israël apporte un autre regard sur l’existence menée par les personnes qui affrontent au quotidien une constante menace pour leur vie.
« Neuf ans et neuf mois », le second roman d’Ornella Nomber confirme le talent de la romancière qui réussit à dépeindre la complexité de situations particulières avec suffisamment de neutralité pour offrir au lecteur la liberté d’en saisir toute la portée et l’occasion d’en ressortir grandi.



