Couverture du livre "Pas d'amis, pas de soucis" de Daphné Saint-Bernard
Développement personnel,  Différence physique, sociale ou culturelle

Asociale décomplexée

« Comment être pleinement soi dans une société qui érige la sociabilité en vertu suprême et en fait presque une obligation morale ? » s’interroge Daphné Saint-Bernard dans son récit « Pas d’amis, pas de soucis » où elle nous montre que son asocialité est loin d’être un défaut.

Le parcours d’une asociale selon diverses étapes

Dans son livre, Daphné Saint-Bernard nous relate les origines de sa personnalité asociale en évoquant son tempérament, son éducation et son environnement. Elle passe en revue la période de grand déni, se focalisant sur le temps de sa jeunesse durant laquelle le comportement « socialement conforme » semblait la seule issue.

Survient ensuite la prise de conscience et le désir d’agir en phase avec ses besoins et ses valeurs tout en trouvant son équilibre. L’auteure partage également son guide de survie en « milieu hostile » et termine sur les bénéfices d’une vie plus authentique.

L’analyse de son examen de conscience est régulièrement interrompu par des encadrés intitulés « Une asociale en action » qui apportent au texte des explications concrètes, non dénuées d’humour.

Les traits de caractère associés à un comportement asocial

Pour l’auteure qui se décrit comme asociale, il s’agit de l’alchimie subtile entre sa nature profonde et les expériences vécues en société qui façonnent cette singularité.

Son hypersensibilité capte toutes les réactions des gens avec une intensité exacerbée, ce qui provoque de longues périodes de rumination. La solitude et l’introversion lui permettent en revanche d’analyser plus longuement et de réfléchir mieux :

Ce doit être l’une des causes de mon introversion puisque moins d’interactions signifie plus de temps pour mon cerveau glouton de pratiquer son obsession préférée : l’analyse sans fin.

Extrait du livre « Pas d’amis, pas de soucis » de Daphné Saint-Bernard

À cela s’ajoute un anticonformisme qui la pousse à obéir à ses propres lois, sans pour autant être une anarchiste à tout-va. Le travail de collaboration et les projets de groupe ne sont pas pour elle et « relèvent de l’épreuve olympique ». Un besoin viscéral de liberté vient couronner le tout grâce auquel elle avance à son propre rythme sans devoir suivre les diktats d’autrui, mais tout en voulant bien reconnaître parfois s’être trompée. Elle se décrit également comme perfectionniste envers les autres et envers soi-même. Le fait de s’isoler des autres la préserve de nombreuses déceptions et lui accorde plus de temps pour s’adonner à la créativité qui présente de nombreux bienfaits.

La gestion de la solitude

Daphné Saint-Bernard reconnaît que la solitude doit être ponctuée par des moments en compagnie de personnes spéciales, comme son époux et ses enfants. Elle défend néanmoins l’idée selon laquelle

L’humain a besoin de solitude pour se poser ses propres questions, se révéler et proposer sa meilleure version au monde.

Extrait du livre « Pas d’amis, pas de soucis » de Daphné Saint-Bernard

Elle doute de l’efficacité de la sociabilité encouragée par les discours sur le bien-être et par les réseaux sociaux. En privilégiant la quantité des relations superficielles, ne risque-t-on pas de perdre de vue l’importance de la qualité et de la profondeur des liens, se demande-t-elle.

Vers l’épanouissement, même en tant qu’asociale confirmée

Se rendre compte que la quête obsessionnelle du « socialement conforme » se répercute de façon toxique sur son quotidien et qu’en fin de compte, « les gens s’occupent plus de leur selfie que de ma vie » lui a permis de prendre la décision de s’affirmer dans sa différence en tant qu’asociale décomplexée afin de retrouver le bonheur de vivre.

Vivre pour soi, c’est la première étape vers un vrai épanouissement. Et le paradoxe, c’est que c’est en suivant cette voie qu’on rayonne le plus et qu’on peut véritablement être là, pleinement, pour les autres.

Extrait du livre « Pas d’amis, pas de soucis » de Daphné Saint-Bernard

Quid de l’amitié pour une asociale décomplexée ?

L’auteure de l’ouvrage « Pas d’amis, pas de soucis » reconnaît que le partage d’une expérience la rend plus intense et plus inoubliable. Ce n’est pas l’amitié en soi qui l’épuise, mais plutôt la fréquence des interactions.

En fin de compte, l’asociabilité n’est pas un rejet de l’amitié, mais un équilibre fragile entre le besoin de connexion et la nécessité de préserver son énergie. La jauge de sociabilité se remplit à la vitesse de l’éclair quand l’enthousiasme s’évapore au même rythme !

Extrait du livre « Pas d’amis, pas de soucis » de Daphné Saint-Bernard

L’asocialité expliquée, un ouvrage bienfaisant

Il n’est effectivement pas courant de faire l’éloge d’un trait de caractère à contre-courant des valeurs prônées par la société.

Avec cette introspection rédigée sur papier, Daphné Saint-Bernard explique son comportement asocial sans pour autant dénigrer le bienfait des liens sociaux véritables. Son ouvrage nous ouvre les yeux sur l’authenticité des liens à promouvoir, plutôt que sur leur quantité.

Daphné Saint-Bernard souhaite que son témoignage puisse apporter du soutien et une forme de guidance à ceux qui en ont besoin. Le cas échéant, dit-elle, il aura rempli son rôle, tout comme d’autres mentors l’ont fait pour elle.

Nul doute que le livre « Pas d’amis, pas de soucis » permettra à de nombreux lecteurs de se reconnaître dans ces envies refoulées, parce que mal perçues, de vouloir rester en solitaire chez soi plutôt que de devoir se répandre en société.

Bonne lecture !

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