« J’en ai marre, mais je gère »
Coup de cœur pour le premier roman d’Hélène Cédille « J’en ai marre, mais je gère » qui aborde le problème de la charge mentale.
Une belle découverte sur un sujet qui touche beaucoup de femmes.
J’en ai marre, mais je gère
Un titre qui ressemble à un appel à l’aide, une quatrième de couverture qui capte l’attention parce qu’elle évoque un ressenti familier … Le roman de Hélène Cédille nous emmène dans les méandres des émotions que partagent de nombreuses femmes, à des degrés divers.
Résumé : Pourquoi Sandrine a-t-elle mis fin à ses jours ? C’est la question qui tiraille sa fille Laura depuis des mois. La réponse se cache dans le journal intime de sa mère, découvert au détour d’un carton de déménagement. Derrière le bonheur apparent de cette mère et infirmière, les mots révèlent l’envers du décor : les rêves sacrifiés, la fatigue émotionnelle et la détresse invisible de celles qui portent le monde sur leurs épaules – le travail, le ménage, les enfants, les soucis des autres – jusqu’à l’épuisement.
La charge mentale, c’est quoi ?
La fatigue physique, qui est le lot quotidien de mon métier, pesait sur mes épaules. Mais aussi, et surtout, une fatigue morale, profonde, sourde. Ce qu’on appelle aujourd’hui « la charge mentale » – ce flux incessant de petites choses auxquelles il faut penser, cette impression de n’avoir jamais, jamais de temps pour soi.
Extrait du roman de Hélène Cédille « J’en ai marre, mais je gère »
La charge mentale, théorisée dès 1984 par la sociologue française Monique Haicault, désigne le fait de devoir penser à un domaine (comme le foyer) tout en étant physiquement dans un autre (le travail).
Aujourd’hui cette notion est entrée dans le dictionnaire et intégrée dans le langage courant :
Charge mentale : poids psychologique que fait peser (plus particulièrement sur les femmes) la gestion des tâches domestiques et éducatives, engendrant une fatigue physique et, surtout, psychique. (Cette préoccupation constante de la logistique du foyer, même dans les moments où elles ne sont pas dans l’exécution de ces tâches, concerne avant tout les personnes qui travaillent.)
Une étude consacrée au concept de charge mentale a fait l’objet d’un article, publié en 2021 et consultable en ligne sur lejournalcnrs.fr en ligne.
Il apparaît d’une part, que le « travail de gestion, d’organisation et de planification qui est à la fois intangible, incontournable et constant, et qui a pour objectif la satisfaction des besoins de chacun et la bonne marche de la résidence« , selon la chercheuse canadienne Nicole Brais, constitue la charge mentale majoritairement supportée par les femmes.
D’autre part, la répartition inégale des tâches domestiques et l’alourdissement de la charge cognitive qui en découle empiètent sur l’activité professionnelle des femmes, accentuant les inégalités sur le marché du travail.
Par ailleurs, le récit « J’en ai marre, mais je gère » démontre également que le manque de reconnaissance et d’aide face à cette charge mentale oppressante isole les concernées en éveillant chez elles de la culpabilité vis-à-vis de leurs ressentis d’injustice ou de fatigue, ce qui contribue à renforcer leur mal-être.
Le roman de Hélène Cédille pour en parler
Le roman de l’autrice Hélène Cédille « J’en ai marre, mais je gère » permet d’illustrer concrètement et émotionnellement le concept théorique de charge mentale.
Le sentiment d’épuisement, le manque de reconnaissance et l’incompréhension que rencontre la protagoniste sont ressentis par beaucoup de femmes qui doivent jongler entre leur vie familiale, leur foyer, leur vie sociale et leur vie professionnelle. Lorsque parfois, elles adoptent une réaction qui ne leur ressemble pas, tombent malades, ou perdent la tête, les proches s’étonnent : « Mais qu’est-ce qui lui arrive ? ».
Qui plus est, si le conjoint ou compagnon n’est pas un monstre et offre son aide de temps en temps, la surprise sera d’autant plus grande. Difficile aussi dans ces cas pour la femme de se plaindre à quiconque…
Que faire alors ?
Hélène Cédille a compris que l’un des moyens d’atténuer les effets pervers de cette charge mentale est d’en parler, de la décrire dans un récit juste et empathique qui donne une voix aux personnes concernées.
Un grand merci pour cette lecture bienfaisante qui apporte consolation et réconfort aux femmes (puisque ce sont les femmes qui sont majoritairement concernées) en leur montrant qu’elles ne sont pas seules dans cette situation. Ce roman permet aussi de rendre plus compréhensible une thématique qui n’est pas toujours prise au sérieux par la gente masculine.
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2 commentaires
Livres & ratures
Le titre est très explicite comme, tu le dis bien, un appel à l’aide.
Un retour très intéressant. Merci 🙂
Lire pour guerir
Merci ! Avec plaisir 😊