Couverture du roman de Philomène Frébault "Ecris-le ou Les Mémoires du Maître du Monde"
Développement personnel,  Polars et intrigues,  RENCONTRES et/ou INTERVIEWS

La rédemption, toujours possible ? Rencontre avec l’auteure d’une intrigue sous haute tension

Triades chinoises, secrets de famille, intelligence artificielle et intrigues diverses, le tout bien dosé dans un polar qui questionne les possibilités de rédemption des êtres maléfiques.

Je remercie très sincèrement Philomène Frébault pour m’avoir invitée à lire son thriller « Écris-le ou les Mémoires du Maître du Monde » et pour avoir accepté de répondre aux questions suivantes à propos de cet ouvrage.

Votre fiction regorge d’éléments issus de la culture chinoise qui sont savamment expliqués au lecteur. Cela vous a certainement pris beaucoup de temps et de recherches, mais contribue à donner une certaine épaisseur intellectuelle à votre polar. D’où vous vient cette fascination pour les mystères de l’Asie ?

Philomène Frébault :
Certaines fascinations ne s’expliquent pas pleinement, s’immisçant dans notre existence sans
même que l’on y prête garde… Néanmoins, je pense pouvoir affirmer qu’une part de cet
engouement pour l’Asie remonte au visionnage du film Goldfinger éclairé par l’aura d’un acteur
britannique d’origine chinoise du nom de Burt Kwouk, dans le rôle secondaire de M. Ling.

En outre, Le Mandarin Noir de Heinz Günter Konsalik (Éditions Presses de la Cité) s’est imposé
comme une véritable rencontre intime, m’ouvrant à la thématique des triades chinoises devenue
par la suite un pilier central dans mon propre roman.

Chaque seconde de ta vie est une chance extraordinaire de pouvoir le changer et de tirer le meilleur de ce qui existe ou n’existe pas encore…

Extrait du roman de Philomène Frébault « Écris-le ou Les Mémoires du Maître du Monde »

Le thème de la rédemption constitue le fil rouge de ce polar. Votre protagoniste principal peut certainement être qualifié d’être maléfique. Néanmoins, vous lui accordez une chance de se racheter. Croyez-vous réellement que toute personne possède cette chance dans la vraie vie et qu’elle est à même de la saisir ?

Philomène Frébault :
Je crois résolument que tout individu possède cette chance et que nul ne saurait être
exclusivement défini par ses actes. Il faut néanmoins garder à l’esprit que la rédemption reste une
variable complexe, qui dépend de bon nombre de facteurs : environnement, rencontres, timing
adéquat, volonté de l’individu de changer, capacité d’évolution… L’âme d’un être humain
s’apparente à un mécanisme cryptique dont le déclic s’enclenche à un horaire de l’existence
unique et différent selon chacun.

De plus, certaines personnes que nous croyions irrécupérables ont peut-être vécu un revirement
interne, auquel nous n’avons jamais assisté et que nous ne connaîtrons jamais.

Cette opacité constitue tout le mystère de la vie, mais elle n’en reste pas moins profondément
enthousiasmante et porteuse d’un espoir vif comme le plomb argenté qui s’apprête à devenir or…

Les liens familiaux, qu’ils soient biologiques ou non, revêtent une importance certaine au sein de votre récit et alimentent le moteur de l’intrigue. Vous abordez également quelque peu la thématique de la gémellité pour relever la puissance de ce lien par rapport à d’autres liens familiaux. Ceci répond-il pour vous à un dessein particulier ?

Philomène Frébault :
J’éprouve un vif intérêt à l’égard de cette singulière forme d’amour fusionnel et parfois, de
ressenti défiant les kilomètres, qui relie les êtres jumeaux. De plus, la thématique de la gémellité
correspond dans mon ouvrage à une sorte d’allégorie de la dualité en nous : Xiong et Wen Xuan
incarnent deux facettes d’une même substance. J’en profite pour spécifier qu’au sein des toutes
premières ébauches de mon roman, où l’histoire empruntait des chemins distincts de la version
publiée, ils ne formaient qu’un seul et unique personnage.

Quant à la thématique récurrente des liens familiaux, elle occupe une place essentielle au cœur de
mon existence. Je suis fascinée de longue date par l’adoption au même titre que par la relation de
filiation conflictuelle, dont les duos Sonny/Calogero (film Bronx) et Dark Vador/Luke Skywalker
(saga de films Star Wars) constituent sans doute l’une des meilleures représentations fictionnelles.

Une autre thématique majeure se dessine en filigrane dans le récit, à savoir la quête identitaire, qui touche aux origines familiales, à l’orientation sexuelle ou au genre. Vos protagonistes semblent d’ailleurs toujours en marge de la « norme ». Quelle place accordez-vous à cette quête identitaire ?

Philomène Frébault :
J’accorde à cette quête identitaire ainsi qu’à la notion connexe de souveraineté une place
substantielle au cœur de mes engagements quotidiens.

Situer mes protagonistes « hors des normes » qui régissent encore parfois notre société constitue
un choix artistique, mais également un message social pleinement assumé en faveur de la
diversité. En effet, il me paraît impératif de déstigmatiser les personnes longtemps perçues en
marge. Les caractéristiques de mes personnages visent à réaffirmer le pouvoir personnel de ces
individus quelquefois fragilisé, paradoxalement, par la notion de minorités vulnérables.

En parallèle de l’écriture, j’œuvre bénévolement au service de la réinsertion des personnes
condamnées, particulièrement sujettes à l’exclusion, et de la sensibilisation autour de l’univers
carcéral.

En dépit du chaos né sur Terre, le Grand Romancier savait que ses personnages seraient capables d’écrire une magnifique histoire qui l’enchanterait. Aussi, il leur laissa la plume…

Extrait du roman de Philomène Frébault « Écris-le ou Les Mémoires du Maître du Monde »

J’aime beaucoup cette phrase qui compare le romancier à un être divin. En tant qu’auteure, contrôlez-vous toutes les facettes de l’histoire ou laissez-vous effectivement parfois les personnages suivre leur propre destinée (selon les dires de certains écrivains) ? Pouvez-vous donner un exemple en rapport à votre roman ici ?

Philomène Frébault :
Une bien jolie phrase qui me fait sourire tandis que je la relis… En vérité, j’appartiens à la
catégorie des écrivains qui octroient le plus de latitude à leurs personnages. Ces derniers ne jouent
jamais un rôle entièrement prédéfini au sein de mes textes : en effet, je laisse l’intrigue tout
comme les voies insondables qu’adopte parfois leur existence me surprendre au gré des jours, des
mois, des années.

Mon techno-thriller Écris-le ou les Mémoires du Maître du Monde, en dépit de son architecture
complexe, a été entièrement rédigé durant sept années sans plan initial ni fiches personnages ! De
quoi offrir, à mon sens, un aperçu assez vaste de ce phénomène.

Aux fins d’illustrer plus précisément mon propos, je souhaite également vous partager l’anecdote
suivante : mon personnage Klin, exécuteur de La Griffe d’Or, a vu son destin basculer pour
s’orienter vers la prêtrise, échappant ainsi à mon contrôle d’auteure. Cette idée insolite a émergé
au cours d’un voyage à Rochefort-sur-Mer en 2017 pour s’imposer définitivement en 2021.

Pensez-vous que la lecture de votre roman puisse faire du bien au moral et s’inscrive dès lors dans la thématique du blog www.lire-pour-guerir.com ?

Philomène Frébault :
Je répondrais « oui », principalement aux lecteurs pour lesquels l’immersion dans la noirceur
permet l’éclosion d’une réflexion profonde, l’expérimentation d’une catharsis et la résurgence
d’une lumière intérieure.

Le processus proposé par mon œuvre m’évoque quelque peu le wabi-sabi, un art de vivre japonais
paradoxal qui permet de trouver la paix et de percevoir la beauté des choses au sein d’un
environnement imparfait. La philosophie de ma saga Confidences de l’Ombre transcende la
dualité et l’imperfection par l’exposition à celle-ci.

Néanmoins, le public doit s’immerger dans le récit avec circonspection et en toute connaissance
de cause, le roman traitant de thématiques particulièrement sombres.

Vous semblez également passionnée par le 7e art et la bande-annonce de votre roman l’atteste. Avez-vous d’autres projets littéraires ou cinématographiques en ce moment ?

Philomène Frébault :
J’œuvre actuellement à la parution du second opus de Confidences de l’Ombre, que mes lecteurs
pourront certainement espérer découvrir en 2027. Le manuscrit compte à ce jour plus de 200
pages rédigées sur fichier texte, sans compter la multitude de notes rédigées à la main, la structure
du récit ayant pleinement pris corps.

Ce nouveau volume mettra cette fois-ci en scène les confessions obscures de Bradley Wiseman,
administrateur de la section américaine du groupe Jiao, leader mondial de la tech, ainsi que de La
Griffe d’Or. Les lecteurs assidus de la saga auront déjà rencontré sa silhouette dans Écris-le ou les
Mémoires du Maître du Monde
, premier tome fondateur de Confidences de l’Ombre.

À terme, mon vœu le plus cher consisterait à voir mes romans prendre vie au travers d’adaptations
cinématographiques en prises de vues réelles ou en animation 3D.

Encore un grand merci à Philomène Frébault, une auteure pleine de promesses qui mérite certainement un franc succès pour sa carrière artistique et littéraire.


En savoir plus sur LIRE POUR GUÉRIR

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire