Roman épistolaire, lauréat Prix Horizon 2020
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Le lauréat du Prix Horizon 2020 : un roman épistolaire qui ne manque pas d’atouts

En qualité de lectrice, j’ai eu le grand plaisir de découvrir la sélection des romans en lice pour le Prix Horizon 2020.

C’est donc avec beaucoup de joie que je vous parle ici du lauréat 2020

qui a remporté la majorité des suffrages.

Qu’est-ce que le Prix Horizon ?

Le Prix Horizon est organisé depuis 2012 sous la présidence de l’écrivain belge Armel Job. Il a pour objectif de récompenser le deuxième roman d’un auteur de langue française.

Ce prix littéraire bisannuel met en compétition un choix de seconds romans publiés à compte d’éditeur. Le Prix Horizon est alors attribué au favori grâce au vote des lecteurs, organisés en comités de lecture.

Lors de la journée de vote qui se déroule à Marche-en-Famenne (en Belgique), les lecteurs peuvent rencontrer les auteurs et débattre avec eux. Toutefois, en raison de la crise sanitaire, il a fallu annuler cette journée littéraire riche en rencontres. Les lecteurs ont donc voté en ligne tout au long de la semaine dernière. Mais seulement « à titre exceptionnel », comme l’a bien précisé Armel Job dans la vidéo ci-après. En effet, la rencontre avec les auteurs reste l’un des objectifs principaux du Prix Horizon.

« L’appartement du dessous » de Florence Herrlemann

Les lecteurs ont choisi leur lauréat parmi les cinq romans finalistes. Le roman épistolaire de Florence Herrlemann « L’appartement du dessous » (publié aux éditions Albin Michel) a en effet remporté la majorité des suffrages.

Dans le petit immeuble parisien du Marais où elle vit depuis des lustres, Hectorine voit d’un jour à l’autre l’appartement du dessous investi par une nouvelle voisine, Sarah. Pour lui souhaiter la bienvenue, la vieille dame dépose une lettre sur le pas de sa porte. Cette missive sera suivie de beaucoup d’autres, retraçant une traversée du XXe siècle incroyable, entre le Cabourg de La Recherche, le Berlin du IIIe Reich et le Paris d’après-guerre.

Mais pourquoi toutes ces lettres? « Un jour, vous saurez », promet la centenaire à Sarah qui se prend au jeu, intriguée par cette voisine invisible dont les confidences laissent percer l’aiguillon d’un douloureux secret…

Résumé tel que publié

Ce qui plaît dans le roman épistolaire

Le roman épistolaire donne l’illusion au lecteur d’être au plus proche de l’intimité des protagonistes. La rédaction d’une lettre invite à la confidence, à la réflexion sur ses propres pensées et sentiments.

En outre, la façon dont le personnage rédige une lettre, le style et les mots qu’il emploie en disent long sur sa personnalité, ses intentions et son humeur.

Le lecteur devient donc voyeur. En même temps, il doit faire appel à son imagination pour reconstruire une réalité vraisemblable. Il utilisera par ailleurs son expérience d’écriture et de lecture pour apprivoiser les nuances de cette reconstruction.

Bref, tout en suscitant l’esprit imaginatif et créatif du lecteur, le roman épistolaire accroît son plaisir de lecture.

Je vous invite à lire la chronique sur le roman épistolaire que j’avais rédigée en avril dernier sur mon ancien blog.

L’engouement pour « L’appartement du dessous »

L’échange épistolaire se fait entre une femme très âgée, Hectorine, et sa jeune voisine qui vient d’emménager dans l’appartement du dessous. Non seulement, il se tisse un lien entre deux générations, mais également entre deux modes de vie et deux époques. Ce lien se renforcera au fil du récit qui ne manque pas de suspense. Le lecteur pressent petit à petit un final dévoilant les raisons qui ont poussé Hectorine à prendre la plume pour échanger avec sa voisine.

On ne peut qu’applaudir l’exercice de style adopté par l’auteure lyonnaise pour rendre compte de cette histoire qui véhicule tellement d’émotions.

Ce n’est donc pas un hasard si ce livre a plu à beaucoup de lecteurs dans le cadre du Prix Horizon. Et je vous invite vivement à lire, vous aussi, ce beau roman épistolaire :

Les quatre autres romans en lice

La sélection 2020 des cinq romans finalistes avait de quoi plaire à une grande variété de lecteurs.

Outre le roman épistolaire, lauréat du Prix Horizon 2020, nous avons eu le plaisir de découvrir quatre autres « deuxièmes romans » qui valent le détour.

Second roman de Gwenaële Robert « Le dernier bain »

publié aux éditions Robert Laffont

Ce roman historique nous plonge au cœur de la période qui a suivi la révolution française. Jean-Paul Marat, considéré par d’aucuns comme un tyran, attise beaucoup de rancœur. L’auteure française Gwenaële Robert revisite l’histoire véhiculée par la peinture de David et lui confère une dimension plus large et plus nuancée.

J’ai beaucoup apprécié cette fresque historique romancée qui ouvre d’autres perspectives sur un pan de l’histoire de France. Les amateurs d’histoire (et de peinture) ne seront pas déçus.

Second roman de Martin Buysse : « Muzungu »

publié chez Zellige

Ce roman politique bien documenté nous emmène dans les méandres de la tragédie du Rwanda en 1994. Un jeune journaliste belge se lie d’amitié avec deux Hutu rwandais et se retrouve empêtré dans une aventure qui le dépasse.

L’auteur belge nous raconte les déboires de ce journaliste qui prend parti sans réelle expérience de tous les travers de la réalité. Lorsqu’il se rendra au Rwanda, il sera malgré lui contraint d’élargir son regard.

Ce roman permet aux lecteurs de (re)prendre connaissance des faits tragiques qui ont tristement marqué un passé proche et, chose plus rare, par le biais d’un défenseur de la cause hutu.

Second roman de Guy Boley : « Quand Dieu boxait en amateur »

publié aux éditions Grasset

Ce roman familial se déroule dans la France rurale du siècle dernier. Le narrateur prend la plume pour rendre hommage à son père défunt qui y vivait modestement. Pourtant ce père avait de quoi être fier de lui, étant à la fois acteur, boxeur et forgeron. De plus, il avait également tissé une amitié très forte avec l’abbé de la paroisse.

L’auteur français évoque ici avec pudeur et une certaine mélancolie les liens parfois compliqués entre père et fils, ainsi que la valeur de l’amitié.

Second roman de Elisa Shua Dusapin « Les Billes de Pachinko »

publié aux éditions Zoé

Une jeune femme se rend, le temps d’un été, chez ses grands-parents coréens, exilés à Tokyo. Là-bas, elle s’occupe également d’une petite fille japonaise. Ses origines européennes se confrontent aux deux autres cultures asiatiques dont les liens sont marqués par l’histoire.

Ce roman exotique de la filiation plonge le lecteur dans une ambiance intime, partagée entre les identités multiples.

Avis de lectrices et lecteurs

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